09

jan 08

09:01

Billet publié par Alexis MONS

Internet peut bien être tondu

Publié par Alexis MONS

Tags: Culture, Economie, Politique

Avec ce billet, j'inaugure une petites série sur ce qui me semble à la fois marquant mais également souterrain au tournant de 2007 et en ce début d'années.
Dès après la séquence électorale de printemps j'avais manifesté ma déception devant l'absence de prise en compte politique, puis de politique numérique tout court. Pourtant, il faut se rendre à l'évidence, il y a une doctrine au regard du numérique à la tête de l'Etat.

Inutile d'attendre qu'il y ait un Secrétaire d'Etat, les faits convergent clairement à mon sens autour de trois signaux clairs :

1/ le pouvoir ne raisonne pas en Société de l'Information, sa vision du web est médiatique.
L'épisode du nouveau elysee.fr est à ce titre assez éclairant. Voir chez Versac un intéressant exercice de déconstruction (tu as l'air vraiment affligé Nicolas !). Oui, c'est un copier-coller à peine retouché de Sarkozy.fr et cela ne développe aucune interactivité. C'est un pur tuyau média top-down, finalement bien dans la veine de l'intervention du candidat au Web 3 de 2006. Affligeant. Accessoirement, la lecture publicitaire de l'économie de l'internet est aussi illustrative de cette vision médiatique.

2/ internet est une menace. En totale incompréhension de la dimension interactive et participative, à l'écoute des lobbys mis à mal par le changement, les usages numériques apparaissent comme des dérives qu'il faut réguler sinon réprimer. Le consensus qui considérait internet comme source de progrés, comme terreau de développement de l'économie du XXIe siècle n'est plus. L'internet est sur la selette.

3/ internet a bien poussé et peut être tondu. L'épisode de la taxation des plateforme vidéo n'était pas qu'un gag, il traduit bien la conviction que l'économie du web est en situation d'être ponctionnée au profit du financement culturel par exemple. Nicolas Sarkozy a surpris tout le monde en proposant hier de supprimer la publicité de l'audiovisuel public et de financer le service public par une taxe sur la pub audiovisuelle et ... les FAI.
Un des paradoxe dans tout cela est qu'avec la perception annoncée des fournisseurs d'accès et ce qui pourrait finalement ressembler à une vignette culturelle sur les abonnements, le pouvoir réinventerait la licence globale qu'il avait vertement retoquée lors de la DADVSI, il y a deux ans.
Les fournisseurs d'accès tombent des nues, mais personnellement je ne suis pas surpris. Ils doivent se penser autrement que comme un secteur émergent protégé, bien au contraire. C'est aussi le sens du message adressé à l'e-commerce avec la loi Chatel.

Et maintenant ? Entre incompréhension de l'internet, tentations fiscales et régulatrices, la prochaine victime pourrait être la neutralité du web, en droite ligne avec un mouvement de fonds qui trouve des échos ailleurs en Europe et aux USA depuis déjà un bon moment.

Finalement, et pour en revenir au rien qu'a marqué le numérique dans le débat électoral 2007, le fait est que les orientations traduisent le poids de lobby qui sont méfiants ou hostiles du fait numérique qui prônent quelques coups de vergue et une ponction au porte monnaie. Face à cela, il est temps que les acteurs de l'internet entrent dans le jeu et jouent des coudes, ils ne sont pas entendus et si peu écoutés. Sur ce point, les leçons de la DADVSI se rappellent cruellement à nous.

 

06

jan 08

22:03

Billet publié par Alexis MONS

30 ans d'Informatique et Liberté

Publié par Alexis MONS

Tags: CNIL, Juridique

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Le 6 janvier 1978 était adopté la première loi Informatique et Liberté et par là même le date de création de la CNIL. Il s'agissait, à l'époque, d'éviter des croisement de données entre administrations et de donner les droits que l'on connaît au citoyen à connaître l'usage et la nature des données personnelles détenues. Il y a 30 ans, c'es dispositions faisait de la France un Etat pionnier.

30 ans plus tard, la situation ne manque pas de paradoxes. De grands principes ont été institués, tel l'opt-out sur lequel Facebook s'est récemment cassé les dents. Les données personnelles sont un vrai sujet économique des modèles de business, l'identité numérique et sa maîtrise un enjeu central de l'écosystème Internet.

Le citoyen et consommateur que nous sommes est plutôt averti de la question, notamment au regard du matraquage publicitaire et il se mobilise fortement pour défendre ses droits. En face et sauf, les questions informatique et liberté passent encore largement comme une corvée bureaucratique ou un simple risque réglementaire, quand ils ne sont pas purement et simplement ignorés. En tant que Correspondant Informatique et Liberté, je suis sous cette casquette une sorte de rareté et l'abord de la question suscite généralement découverte de l'inconnu et circonspection. En fait, le sujet est généralement un bon révélateur de la prise en compte de l'information et des services numériques en terme de gouvernance.

Quand à la CNIL, il a fallu attendre longtemps (2006) pour qu'elle dispose d'un vrai pouvoir de sanction. Mais son actualité récente la ramène à ses origines. Elle en est encore à essayer d'endiguer des croisements de données ou encore le déclassement de certaines données comme l'adresse IP. En 2007, on a même vu le Conseil d'Etat faire plier la CNIL pour qu'elle autorise un organisme prové, la SACEM, à collecter des données sans consentement préalable à des fins de lutte contre le piratage. La CNIL fait ce qu'elle peut avec le budget indigne dont elle dispose, mais elle en est encore à défendre auprès du gouvernement et de l'administration les idées fondatrices d'il y a 30 ans. On peut donc ressentir une impression d'épuisement, mais ça ne sert à rien de cogner sur la CNIL, il faut la soutenir, la stimuler et déjà parler plus souvent de ces sujets. Ils sont au coeur de l'économie de la connaissance.

 

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