Le web 2.0 est-il compatible avec le devoir de réserve ?
Publié par Alexis MONS dans E-territoires, Juris, Tribunes
La nouvelle de la révocation d'un proviseur de l'éducation nationale à cause de son blog, et surtout de ce qui s'y trouvait, suscite une assez forte émotion cette semaine.
Cette affaire a tous les ingrédients qu'il faut. La révocation est motivée par la présence de contenus jugés "pornographiques" sur son blog. Or, l'intéressé est homosexuel, son blog anonyme et en le révoquant l'institution a défloré l'anonymat de l'intéressé et précipité la blogosphère sur l'affaire. Le caractère pornographique est mis en doute par beaucoup, pointant surtout la confusion des genres entre les fameux contenus et l'orientation sexuelle qu'ils sous-tendent et les réflexions sur son métier et l'institution porté par l'intéressé.
C'est en effet sur ce point qu'il y a beaucoup à dire. Car c'est bien au titre de son obligation de devoir de réserve que ce fonctionnaire blogueur a été révoqué. Cela me rappelle la fermeture du très croustillant blog de ce fonctionnaire de DDE à succès et il faut croire, avec cette affaire, que l'anonymat ne suffit donc pas et qu'un fonctionnaire a tout intérêt à parler de tout sauf de son métier et des institutions. Voilà qui n'est pas une bonne nouvelle au développement des nouveaux usages coopératifs en ligne dans et autour de la fonction publique et je m'interroge évidemment sur le secteur de la recherche et de l'enseignement qui pourtant gagnerait à s'en servir. Cet exemple illustre donc bien que l'organisation doit s'adapter pour profiter des nouvelles opportunités des TIC.
Bref, on en parle beaucoup sur le réseau, maître Eolas se fend d'une lettre ouverte à Gilles de Robien et la victime est elle-même interviewé sur Pointblog.




























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vendredi 20 janvier 2006 13:25
Oh proviseur My proviseur
La blogosphère se soulève contre la révoquation d’un proviseur, blogueur, homosexuel.
Nombreux sont ceux qui craignent que ce jugement ne fasse jurisprudence, sur l’homosexualité ou sur de droit de dire du mal ou du bien de son employeur en ligne.
Il me semble que la question n’est pas où on le pense.
Pour avoir lu de larges extraits de ses textes, il ne me semble pas qu’il s’agisse d’une sanction anti-homosexuelle. Peut être qu’il y avait des photos, ou des mots très crus, mais il me semble que les erreurs de « garfield » se trouvent ailleurs.
Se raconter sur internet pose problème quand on est en position de commandement et que son anonymat n’est pas préservé. Les réflexions générales d’un proviseur ou d’un enseignant peuvent être passionnantes tant qu’elles ne mettent pas en cause directement des personnes qui ne peuvent répondre ( l’intendant dans le blog de Garfield ).
Une autre frontière invisble, bien plus grave, me semble avoir été franchie. Le simple fait de parler de sa sexualité et de son goût effectif pour des personnes plus jeunes, quel que soit leur sexe, rend envisageable une transgression majeure pour un enseignant. Le maintien d’une séparation absolue entre sa vie amoureuse personnelle et privée et une fonction d’autorité sur des jeunes me semble essentiel. L’anonymat mal protégé de « Garfield » rendait cette frontière plus floue.