15

mai 08

09:24

Billet publié par Marie Serindou

La WII-attitude : sur la voie d'un corps comme construction interactive ?

Publié par Marie Serindou

Tags: art, corps, interactivité, numérique

En expérimentant ce week-end le dernier produit WII destiné à se maintenir en forme, j'ai retrouvé et ressenti avec acuité ce que j'avais déjà expérimenté comme spect'actrice ou créatrice d'installations interactives. J'ai pu interagir avec la machine par tout mon corps ou du moins en ai-je eu l'impression.
La manette à la main ou bien dans la poche, mon corps ainsi augmenté et devenu interface m'a permis de mener un dialogue interdépendant avec la machine, d'autant plus complice que c'est mon avatar qu'elle semblait prendre en compte. Rien là de bien extraordinaire direz-vous si vous êtes coutumiers de l'interaction avec des dispositifs numériques ! certainement, mais à la réflexion, cette expérience devenue courante montre à quel point la théorie d'un corps devenu construction dynamique interactive prend du poids.

Cette approche renouvelle la place du corps dont on sait qu'elle est intimement liée à la civilisation qui la porte. Si l'on suit la logique jusqu'au bout et si on l'accepte, alors on ne voit pas pourquoi (hormis des considérations éthiques) l'interfaçage de ce corps interactif permettant le dialogue entre l'esprit et la machine ne conduirait pas à terme à l'implantation à demeure de capteurs-émetteurs, ce qui est d'ailleurs une voie déjà effleurée. Ainsi, ce corps, intégré dans la construction du sens, pourrait-il dialoguer avec des mondes virtuels, mais aussi peut-être s'intégrer à l'internet des objets, ou si l'on préfère au réseau d'objets dont on nous promet l'avènement pour bientôt . Après les installations et déjà nombreuses expérimentations des précurseurs, ingénieurs et artistes, la WII est un des premiers systèmes introduisant à la maison la possibilité d'expérimenter ce corps interactif...

 

07

avr 08

10:17

Billet publié par Marie Serindou

Auteur ou auteurs ? un concept relativisé par le numérique

Publié par Marie Serindou

Tags: Art, auteur, image, numérique

Vous connaissez tous ces photographies elles-mêmes composées de photographies. Grâce à Des_Frags , vous allez pouvoir en produire une par vous-même, la recevoir par mail en quelques minutes et en tapisser vos murs. Une de vos photos personnelles sert de trame et après que vous ayez choisi transparence et taille des mailles, le logiciel y déposera des documents choisis aléatoirement sur le net dans des thèmes préétablis de actor à zorro.

Des_Frags est une création du net-art de l'année 2000 qui est due à Reynald Drouhin et toute une équipe. Cette œuvre joue sur les processus de défragmentation du réseau et de relocalisation des images, et c'est dans cette analyse qu'elle présente un intérêt. Mais ici c'est la remise en cause du concept d'auteur qui m'interpelle.

L'artiste du numérique n'utilise plus un pinceau, un burin ou même une pellicule, il utilise un langage. Dans ce cadre, il coopère nécessairement avec le détenteur de ce langage, le programmeur. La création va naître du dialogue, des souhaits et des limites que s'imposent respectivement l'art et la technique. Artiste et technicien deviennent de fait co-auteurs à des degrés divers. Dans ce cas, Drouhin a résolu ce problème de l'auctorialité en proposant un générique, ce que l'on retrouve fréquemment dans les œuvres d'art numérique. Même si chaque travail est un cas spécifique, l'auteur seul et unique, défini et définitif, se fait rare.

Si l'on considère la photo que vous venez de produire, elle est bien sûr votre production, mais si l'œuvre est d'abord le processus, vous n'avez que contribué à l'actualiser. Alors qui est l'auteur ? Je suis assez séduite par l'idée de Couchot d'un auteur amont qui est l'auteur du dispositif (ici collectif du générique) et d'un auteur aval (vous dans ce cas) qui est nécessaire à l'actualisation de l'œuvre.

Enfin, chaque image convoquée aléatoirement a aussi un auteur. On le voit, ce type de dispositif nous entraîne donc loin de la notion d'auteur traditionnelle et des droits afférents et montrent combien le numérique bouscule les modes de création et de diffusion. Bonne chance pour votre création, avec quelques essais, le résultat peut être très séduisant.

 

06

mar 08

09:22

Billet publié par Marie Serindou

Copyright # Copyleft, pour un art libre ?

Publié par Marie Serindou

Tags: Art, copyleft, copyright, numérique

Alors que la création numérique mobilise des compétences artistiques mais aussi techniques, qu'elle est donc souvent le fruit d'une collaboration,
Alors que le copié-collé est désormais partie intégrante de cette création et aussi, comme on le sait, de sa diffusion,
Alors que l'œuvre numérique est par essence immatérielle, en perpétuel process, modifiable instantanément par un infime changement de code,
Alors que les possibilités d'interaction introduisent le spectateur comme acteur dans le processus d'actualisation de l'œuvre numérique,
Peut-on encore la considérer comme figeable, définitive œuvre d'un seul, est-elle encore copyrightable ?

On sait que certains répondent oui sans nuances et cherchent à se donner les moyens de se protéger (marché oblige ?), que d'autres réfléchissent à redéfinir l'auteur, et d'autres le mode de diffusion ( on se souvient des expériences de Radiohead et de Barbara Hendricks). Mais dans le cas des œuvres qui exploitent les possibilités du réseau, on peut avec certains artistes penser qu'en figeant un auteur et une œuvre, le copyright est un frein au travail collaboratif, un frein à la diffusion et au final un frein à la création. En adhérant à la philosophie du copyleft, des artistes se placent en phase avec les nouvelles possibilités de copie, de circulation et d'échanges offertes par le réseau.

Comme le jeu de mots le laisse deviner, le copyleft prend le contrepied du copyright. Il ne s'agit absolument pas de renoncer à sa propriété intellectuelle, il s'agit de permettre la copie (copy left), la modification, la transformation et l'utilisation en général de son travail par tous ceux qui le souhaitent. La condition essentielle est de conserver ces mêmes conditions à chaque diffusion en évitant l'appropriation et la marchandisation, le copyrightage si l'on peut dire, qui entrave la création et la diffusion des oeuvres. On retrouve là un fort cousinage avec le logiciel libre et certains contrats Creative Commons par exemple.

La licence Art libre permet d'exprimer cette copyleft_attitude. Aux premiers plans de ce mouvement, on trouve le désormais reconnu Antoine Moreau. Si vous voulez comprendre un certain esprit de cette copyleft_attitude, immergez-vous dans son site ou dans la page de L.L.de Mars qui lui est consacrée. Les œuvres diffusées sous cette licence sont aussi bien du domaine de la programmation que de celui de l'image ou bien sûr de la musique. (pour le clin d'oeil, « litanie contre DADVSI », une...litanie...de Bohwaz)

 

22

fév 08

09:26

Billet publié par Marie Serindou

Une illustration des possibilités du numérique appliquées à la vidéo ou comment faire beaucoup avec peu.

Publié par Marie Serindou

Tags: numérique, vidéo

Ils partirent trois et par le prompt renfort de la technique se virent des milliers en arrivant au port...Si vous n'avez pas encore vu le document proposé par Richard Hammond, regardez-le, vous comprendrez. Pour les non spécialistes, signalons que la toile verte tendue en fond de certains plans permettra un découpage des motifs ou des personnages au pixel près et leur insertion dans un autre fond sans que la manipulation ne soit perceptible. Le processus a beau être connu et très utilisé dans le cinéma et certaines installations multimédia, il n'empêche qu'une reconstitution d'Omaha beach pour la BBC avec en tout et pour tout trois acteurs-graphistes, c'est quand même fort !


 

25

jan 08

14:22

Billet publié par Marie Serindou

Tecktonik des blogs : une communauté téléréelle ?

Publié par Marie Serindou

Tags: blogs, réseaux sociaux

Impossible d'échapper à la Tecktonik, cette danse née dans des boîtes de musique électro. Les grands médias s'en font désormais l'écho, mais les ados, cela fait un certain temps déjà qu'ils savent par leurs MMS, You Tube, Daily Motion, Myspace ou leurs blogs personnels. Ce qui est remarquable, c'est bien l'importance primordiale de ce mode de diffusion dans l'émergence de cette culture jeune . La culture participative que permet le réseau joue ici un rôle essentiel dans la propagation de codes physiques, vestimentaires et sociaux. A noter que la récupération du phénomène comme véhicule marketing et commercial n'aura pas tardé puisque Tecktonik est désormais une marque déposée. D'où l'insistance de certains groupes de jeunes rétifs à cette récupération à ne plus vouloir parler que d'electro dance.

Une deuxième caractéristique remarquable semble être la façon de pratiquer. Il ne s'agit plus de se défouler collectivement en boîte avant de se séparer, mais de se retrouver à l'extérieur, voire de constituer des équipes, des teams de quartier ou de lycée, ou même d'organiser des tournois, des battles (voir) dans lesquelles s'affrontent et s'exposent en stars temporaires deux danseurs (euses) dans une dimension esthétique. La création du sens n'est plus liée à ce qui est communiqué, au contenu, mais à la communication elle-même, à la possibilité de vivre l'expérience de l'échange et de la communauté de laquelle on peut être une star momentanée (on ne peut éviter de penser à la télé-réalité).
Cette communauté s'expose et s'agrège dans les réseaux sociaux et dans l'espace public, établissant ainsi un pont entre déterritorialisation et reterritorialisation. Les technologies domestiquées, celles du réseau, celles des musiques électro, deviennent une condition de la possibilité du rassemblement et réinstallent un espace de fête qui échappe, au moins dans un premier temps, aux injonctions. Derrière ce que certains ne perçoivent que comme un effet de mode, il y a là une illustration des mutations sociologiques liées au numérique.

Voilà, si j'ai bien compris, il me reste à répéter devant ma webcam avant de rejoindre l'esplanade du Trocadéro, Beaubourg ou la place du Châtelet un de ces samedis après-midi...

 

04

jan 08

09:34

Billet publié par Marie Serindou

Copié-collé et art numérique

Publié par Marie Serindou

Tags: Art, électronique, copie, numérique

Dans le cadre d’empreintes numériques, rencontres autour des arts électroniques, le centre culturel de Bellegarde à Toulouse lance un appel à projet copié-collé. Copier et coller des images, des photos, des textes ou des mots n’est pas une activité nouvelle. Rappelons-nous le mouvement Dada et les Surréalistes des années vingt, leurs cadavres exquis et leurs collages en général. Plus près de nous, le cut-up, promu par Burroughs et Gysin à la fin des années cinquante, expérimente le collage aléatoire de textes mais aussi d’images, de films et de peintures.

Alors qu’apporte le numérique ? Tout simplement le renouvellement et la potentialisation de ce type de créations qui s’appuient désormais sur les possibilités quasi infinies de copié-collé ou de transformations en temps réel, sur les possibilités d’interpénétration et de mixage de tous les médias bénéficiant du même codage et sur les capacités génératives des machines. Bien sûr les conditions de la production d’une oeuvre en sont changées. Celle-ci se développe à la fois dans une dynamique externe qui importe en toute liberté des copies ou des échantillons pour se projeter aussitôt à nouveau vers l’extérieur, mais aussi dans une dynamique interne qui les agence au sein de la création.

La notion de copie est ici totalement dissociée de celle de plagiat (pour faire allusion à un problème très actuel). Qu’elle soit un agencement voulu, ou plus encore si elle est générée aléatoirement, hétérogène, multiple et discontinue, la création prend un nouveau sens. Le résultat est tout à la fois cette création mais aussi un discours sur elle, sur son processus.

Alors copieurs-colleurs créateurs, graphistes, DJs, VJs, WJs, musiciens, vidéastes, netartistes et autres, échantillonnez, samplez, copiez, clonez ! (cela nous rapproche au passage du copier-coller de séquences de génomes pratiqué par les artistes du biogénétique) Pensez-y avant le 11 janvier, date limite !

 

2008 | 2007

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