Y a-t-il un art numérique ?
Publié par Marie Serindou dans Art, Société et TIC
La réponse paraîtra peut-être évidente à certains. Elle ne l’est pas toujours comme en témoigne l’émission de France Culture Science publique qui a posé la question au travers d’interventions de Maurice Benayoun et David Guez en particulier. En effet, la création numérique est souvent mal connue et mal reconnue, en France en particulier, peut-être pour des raisons générationnelles, ou parce qu’on l’assimile seulement à l’utilisation d’une technique, ou tout simplement parce qu’elle nécessite de renouveler les cadres traditionnels de l’analyse d’une œuvre d’art. A condition d’accepter d’abandonner les a priori, il faut bien constater que bien au delà de la simple numérisation des activités existantes auparavant, les artistes du numérique mènent une réflexion souvent pertinente sur l’utilisation de ces technologies. Que ce soit sur la nature de l’image numérique, sur la relation à l’espace et au temps, sur la structure du réseau et sur la place qu’y occupent le corps et la sensorialité, mais aussi sur les concepts d’auteur, d’œuvre, de receveur, ainsi que sur leurs relations, tout comme sur les changements apportés à la communication, cet art a beaucoup à nous dire. Parce qu’ils s’adressent au sensible, les artistes du numérique ont la capacité de porter à la perception de chacun les modifications des relations au monde apportées par les TIC. Ils jouent en quelque sorte un rôle de médiateur ou un rôle de vigie (comme le pensait d’ailleurs Mac Luhan). Une visite à la galerie Numeriscausa qui expose à partir d’aujourd’hui à Paris quelques oeuvres représentatives pourrait bien convaincre ou tout au moins questionner les sceptiques.




























Trackback Ping
URL de TrackBack de cette note:
http://www.groupereflect.net/cgi/mt/mt-tb.cgi/13134 commentaire(s)
vendredi 30 novembre 2007 09:19
Assez d'accord sur le fait que ce n'est qu'une question de reconnaissance ici.
Ailleurs le travail se fait.
Pour preuve, le travail du Laboratoire NT2 à Montréal qui entend promouvoir l’étude, la lecture, la création et l’archivage de nouvelles formes de textes et d’œuvres hypermédiatiques.
http://www.labo-nt2.uqam.ca/
et leur observatoire et Répertoire des arts et littératures hypermédiatiques( http://www.labo-nt2.uqam.ca/observatoire/repertoire )
Bon d'accord c'est un peu pub perso, parce que j'ai l'honneur de faire partie de leur petite sélection mais c'est vraiment un bel exemple de répertoire dans ce domaine.
En même temps, il y a de sacrés communautés chez nous, hors institutions, qui se posent ces questions, telle celle autour du Copyleft ( http://artlibre.org/)
La particularité souvent de tout cela, c'est justement de s'adresser au réseau via le réseau et les moyens de diffusion habituels de l'art s'y perdent (la question du commerce pour eux est fondamental (et problématique !) autour de l'art numérique)..
Voir une galerie tenter de se raccrocher en diffusant de l'art numérique, c'est toujours intéressant mais les oeuvres a voir me paraissent déjà diffusées sur Internet, le reste répondant justement souvent à : "Comment je pourrais vendre de l'art numérique ?" via installations, tirage photo, vidéos...
En fait, c'est un peu comme pour la musique : de nouvelles voies, de nouveaux supports, une dématérialisation et de grosses questions sur comment continuer à vivre en vendant de l'immatériel...