Les logos 2.0 sont il dénués de sens?
Publié par Amandine Feix-Villain
Nicole Pignier, sémioticienne et enseignant-chercheur à l'Université de Limoges, s'est récemment penchée sur analyse du sens des logos 2.0. Le sujet devait être tôt ou tard abordé et je me réjouis que ce soit une sémioticienne qui se soit investie dans la démonstration.
Si l'on reprend la définition du le logotype comme objet énonciateur de l’identité d'une entité quelle qu'elle soit, il est effectivement logique de dire que les logos du 2.0 ne remplissent pas leur rôle et que le sens induit n'ait nullement révélateur du système identitaire fixé par la personne morale à l'origine du service.
Bien que partisane de la recherche du sens et de sa légitimation dans un contexte énonciatif précis, je doute qu'il faille absolument modéliser du sens dans les logos du 2.0, tout simplement parce que la problématique Web 2.0 ne s'y prête pas. Le constat est peut-être sévère, mais il s'explique.
Je conçois le logo comme la représentation matériel de la marque: il sert à stabiliser un système de valeurs relatifs à l'identité et l'orientation stratégique de l'entreprise, sur le plan iconique. Lorsque le logo s'inscrit en continuité d'un système identitaire cohérent, en figurativisant les valeurs du discours de l'entreprise, il fonctionne.... dès lors qu'il s'éloigne de ce principe de cohérence, il ne veut plus rien dire.... Je suis revenue sur cette perception en considérant la logique développée par les identités visuelles du 2.0. Pour moi, il y a toujours production de sens mais pas de la manière dont on l'imagine.
Je m'explique: le logotype véhicule généralement les pans de la stratégie de l'entreprise, en misant particulièrement sur la valeur ajoutée qu'elle apporte. Bien souvent, les créatifs et responsables de communication s'applique à analyser et à fixer les grands principes énonciatifs de la marque, afin de produire un ensemble communicationnel et mercatique cohérent. Le logotype se pose en résultat figuratif de ces cogitations sémantiques.
Dans le cas des stratégies du Web 2.0, on ne peut pas se permettre de raisonner ainsi. Tout d'abord parce que la communication Web s'inscrit dans un autre rythme que la communication institutionnelle et ensuite parce que le pivot du Web 2.0, ce sont les usagers. En quelque sorte les entreprises du 2.0 ne sont plus vraiment maîtres de leur identité, ce sont les usagers qui la fabriquent en rapport à leur besoin et à la solution que le service 2.0 est susceptible de lui apporter. La génération du sens ne relève plus de l'entreprise, mais de l'utilisateur.

Prenons l'exemple du logo de BlueKiwi. Quels éléments de sens produit-il sorti du fait qu'il donne une réalité figurative au nom de marque? A priori pas grand chose, et pourtant je trouve qu'il n'est pas dénué de sens... Mais le sens produit n'est pas celui auquel s'attend un sémioticien, il est autre. C'est celui de l'usager. Le Web 2.0 permet de faire du buzz à grande échelle et pour moi, il ne doit pas s'embarrasser de toutes ces considérations autour de la cohérence identitaire. Les logos 2.0 s'appliquent avant tout, comme le souligne justement Alexis, à reproduire un design caractéristique de l'appartenance à la population des services 2.0. Si il doit y avoir du sens, c'est à l'utilisateur de le créer, en fonction de sa perception du service, comme réponse à son besoin.




























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mercredi 23 août 2006 12:30
La création de la marque et du logo blueKiwi a tout de même participé d'une réflexion (de plusieurs minutes...) en trois temps :
1. Notre produit se destinant à un usage en entreprise, nous avons choisi d'utiliser le bleu comme couleur identitaire. Plus tard, nous avons retenu le cyan pur par ce qu'il est plus dans la tendance "2.0" actuelle.
2. Les concepts de blogs et de wikis étant fondateurs du produit, nous avons cherché un raccourci avec des sonorités voisines tout en nous éloignant du nom communément utilisé : blikis. Parmi les noms envisagés, blueKiwi est sorti du lot.
3. Il nous a semblé qu'une tranche de kiwi figurait bien un réseau informel (les pépins ne sont pas disposés régulièrement tout en étant ensemble), avec un objectif commun (le centre du fruit), fermé et protégé (la peau du kiwi représente le firewall qui sépare le réseau interne de l'entreprise de l'extérieur).
Nous avons donc gardé le nom blueKiwi avec pour illustration un demi kiwi bleu...
Certains (certaines ?) diront que c'est tiré par les cheveux... c'est peut être vrai, ça explique aussi le fait je n'en ai plus beaucoup ;-)