Dans le cadre d’empreintes numériques, rencontres autour des arts électroniques, le centre culturel de Bellegarde à Toulouse lance un appel à projet copié-collé. Copier et coller des images, des photos, des textes ou des mots n’est pas une activité nouvelle. Rappelons-nous le mouvement Dada et les Surréalistes des années vingt, leurs cadavres exquis et leurs collages en général. Plus près de nous,
Alors qu’apporte le numérique ? Tout simplement le renouvellement et la potentialisation de ce type de créations qui s’appuient désormais sur les possibilités quasi infinies de copié-collé ou de transformations en temps réel, sur les possibilités d’interpénétration et de mixage de tous les médias bénéficiant du même codage et sur les capacités génératives des machines. Bien sûr les conditions de la production d’une oeuvre en sont changées. Celle-ci se développe à la fois dans une dynamique externe qui importe en toute liberté des copies ou des échantillons pour se projeter aussitôt à nouveau vers l’extérieur, mais aussi dans une dynamique interne qui les agence au sein de la création.
La notion de copie est ici totalement dissociée de celle de plagiat (pour faire allusion à un problème très actuel). Qu’elle soit un agencement voulu, ou plus encore si elle est générée aléatoirement, hétérogène, multiple et discontinue, la création prend un nouveau sens. Le résultat est tout à la fois cette création mais aussi un discours sur elle, sur son processus.
Alors copieurs-colleurs créateurs, graphistes, DJs, VJs, WJs, musiciens, vidéastes, netartistes et autres, échantillonnez, samplez, copiez, clonez ! (cela nous rapproche au passage du copier-coller de séquences de génomes pratiqué par les artistes du biogénétique) Pensez-y avant le 11 janvier, date limite !
Robert Scoble, blogueur américain qui s'est d'abord fait connaître pour avoir été enthousiast evangelist Microsoft et avoir réussi à rendre un visage humain au géant de Redmond auprès de bien des détracteurs vient de perdre son compte Facebook pour violation des termes d'utilisations de la plate-forme de l'année 2008. Il en raconte lui-même l'histoire sur son blog, et publie le mail transmis par Facebook suite à sa première tentative de négociations.
Il semble que Robert ait fait tourner un script automatisé de récupération de données sur un trop grand nombre de pages, et que Facebook en ait pris ombrage. Robert explique travailler sur son graphe social qu'il souhaite déménager sur une plate-forme plus permissive en termes de data mining.
Je trouve la réaction de Facebook stupide pour au moins deux raisons.
Je trouve très intéressant ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique, avec la NCAA, partie en guerre contre le live blogguing cet été. En juin dernier, un blogueur couvrant live un match de base-ball
a été éjecté manu-militari du pool de presse. Depuis, ils ont édictés des limitations au nombre de posts par quart-temps et autres choses du genre. Evidemment, tout le monde trouve cela ridicule à l'heure où n'importe quel mobile permet de moblogguer n'importe quelle manifestation, quand cela ne participe pas tout simplement de l'augmentation du buzz et de sa surface de visibilité.
Il n'est pas étonnant que ce ne soient pas les médias qui payent qui soient à l'initiative de la vindicte, mais l'instance sportive qui organise tout cela et qui s'inquiète visiblement de l'affaiblissement de la valeur de l'information qu'induiraient du contenu à la production et à la diffusion incontrôlée à leurs yeux.
Je ne veux évidemment pas retomber dans les mauvais débats entre journalisme et bloguing, mais tout de même, on voit de plus en plus de pool de blogueurs associés à toutes sortes d'événements et je serai curieux de savoir ce qui se passe et se trame du côté des grands événements sportifs. À l'heure où les licences de diffusion du foot sont annoncées en baisse par ici et où l'argent est bon à prendre partout, je me remémore des tentations pas si anciennes de certaines grandes maisons de faire payer la presse écrite ou radio dans sa couverture des événements.
Certains d'entre vous me trouveront un peu pessimiste à mettre le doigt sur ces phénomènes de rapport de forces. Cela dit, si l'on y regarde de plus près, il ne manque pas de gens qui cherchent à générer des droits du côté du net, à recréer de la pénurie ou des franchises. La régulation des blogueurs en goguette et des flux d'informations qu'ils génère aiguise et aiguisera les apétits, n'en doutons pas.

