Web 2.0 : maintenant il va falloir gagner de l’argent

27 avril 2006 by Alexis MONS

J’avais déjà dis en fin d’année dernière que le web 2.0 serait attendu au tournant de la rentabilité. Les discussions sur la dimension technologique du web 2.0 étant dépassées, il est plus que temps de penser la floraison récente de services en terme de pertinence de leurs modèles économiques.

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Si les services web sont passés à la version 2.0, leur modèle est encore très 1.0, fondé sur la vente d’espaces appuyés sur des indicateurs quantitatifs tels que pages vues ou nombre d’utilisateurs référencés. Cette logique publicitaire s’est d’ailleurs renforcée et démocratisée avec les Google AdWords et la capacité à tout un chacun de développer des revenus marginaux en ligne. On est donc dans la facilité, alors qu’il y a de la place pour inventer des choses. Ce n’est pas parce qu’un service en ligne a du succès, que le web 2.0 est celui d’un internet de masse plus social qu’il va être pour autant profitable.
Tout cela me semble cousu de fil blanc. Le web 2.0 tant technologiquement que socialement, permet de construire des systèmes qui ne coûtent pas cher, beaucoup moins que les portail d’antant. Personne n’est dupe et du coup, l’espace y est bon marché et il faut donc brasser plus de volume pour créer de la valeur. Le nombre d’utilisateur a beau être énorme, les profits ne le sont pas. On reste en plein sur l’idée de base qu’Internet permet de réduire les coûts et que ses avancées contribuent à ce phénomène. C’est de toute façon ce que pensent bon nombre d’acheteurs, la blogosphère est pleine de contributions allant dans ce sens et en plus les faits leur donnent raison.
On ne peut donc pas la leur faire une seconde fois. D’ailleurs, au petit jeu des comparaisons, avec des modèles basés sur du gratuit financé par la publicité, on retrouve les limites et les scénarios désagréables vécus lors de la bulle 1.0. Ainsi, l’étude de cas MySpace est assez éclairante et regarder de près comment le marché de la publicité évolue au global et comment les annonceurs envisagent de dépenser leur argent révèle un peu plus les limites des promesses et ne manque pas d’inquiéter.
Il est temps de penser autrement et de sortir des modèles gratuits. À ce titre, l’actualité livre un exemple intéressant avec l’annonce de la rentabilité de Linkedin. Quand on lit que son business croît plus vite que prévu, car il est « tiré par les abonnement aux services premium », tout est dit.
Pas étonnant avec ça que 6nergies se fende dans la foulée d’un billet ventant la pertinence des services premium pour l’usager. Tiens donc ? Je fais partie de ceux qui ont mis en doute les promesses initiales de réseaux sociaux laissant croire qu’il suffisait de s’y inscrire. Il est pour autant de bon sens que de penser qu’un usage avancé produise du résultat et le fait est qu’il y en a qui en tirent profit. Mais de développer ce type d’argumentaire ne peut que me faire penser qu’il s’adresse plus à des financiers perplexes qu’aux utilisateurs de ce type de services.
Une entrée de gamme financée par le pub, facilitant la transformation des curieux, puis des options payantes sur abonnement, destinées à ceux qui veulent vraiment en tirer profit, on est vraiment en train de réinventer l’eau chaude ! Vous me direz que c’est toujours mieux que de faire du tout gratuit pour ensuite devoir faire accepter à ses clients de payer. On a déjà vu ce film il y a 5 ans !
Personnellement, ce que j’attends de voir, ce sont des services qui se payent au résultat, pas sur une promesse, parce qu’ils sont sûrs de la valeur ajoutée de leurs offres. Ce serait en phase avec une certaine éthique de la consommation assez en vogue…
L’e-commerce a pour sa part entamé sa révolution. C’est vrai que ses acteurs ont payé pour apprendre et ont appris à se poser de bonnes questions. Il en est ainsi de l’application assidue de la théorie de la longue queue, ou de ce qui se passe avec les mashups. On y regarde le business en terme d’écosystème de création de valeur et non plus de « boutique », on n’y cède pas à la facilité, on y raisonne sur des modèles plus complexes et à plusieurs faces.
Autour de ces mouvements, il y a quelques exemples à suivre qui envisagent un mixte entre les revenus tirés des services offerts aux usagers, avec d’autres tirés de la mise en interaction de marques, produits ou services avec des communautés. Pas simple, mais il y a en ce domaine de quoi creuser, car cela correspond à l’essence même de l’EntreNet la partie sociale et sociétale de l’évolution actuelle des usages sur le réseau.
C’est typiquement un sujet que j’ai eu plaisir à modéliser sur une étude de faisabilité récente autour d’un nouveau service 2.0 en B2B et dont j’attends avec impatience l’amorçage du projet.

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16 réponses à “Web 2.0 : maintenant il va falloir gagner de l’argent”

  1. Sylvain

    Je suis pleinement d’accord avec toi sur des modéles qui se payent au résultat.
    Je m’intérroge et j’attend avec impatiente de voir la manière dont des sites comme Wikio vont gagner de l’argent.

  2. robin

    intéressant votre article mais c’est tt de meme la question que ts les entrepreneurs du web se posent depuis longtemps et tous les jours, et pas que ceux du 2.0

  3. Carlos Diaz

    Je suis assez d’accord avec ce que tu dis avec quelques remarques :
    - si les modèles publicitaires reviennent ce n’est pas seulement par manque d’originalité mais surtout parce que les annonceurs sont là !
    - si les annonceurs investissent sur le Net et qu’un transfert des budgets s’opèrent entre les médias et le hors média c’est que le retour sur investissement est plus important
    Enfin sur les modèles gratuits, comme toi je m’interroge, certes les services et technos 2.0 sont simples à mettre en oeuvre et peu coûteux mais une communauté importante d’utilisateurs (WIKIO : 14000 utilisateurs en BETA test), çà çà coûte beaucoup d’argent, ne serait-ce en bande passante et hébergement, et pourtant toujours pas de vrais revenus…

  4. Alexis Mons

    > les annonceurs sont là !
    Certes, mais regarde bien comment ils appréhendent le web 2.0 du point de vue de la manière dont ils veulent dépenser leur argent.
    Il faut bien voir que le marché de la pub n’est pas extensible et qu’il s’est largement démocratisé. L’offre d’espace est plus diverse, plus émiettée, plus floue, plus difficile à valoriser.
    D’autre part, la manière dont les internautes transforment la publicité est aussi en train de changer.
    Bref, s’il est un domaine où il vaut mieux ne pas avoir trop de certitudes, c’est celui-là !
    > une communauté importante d’utilisateurs coûte beaucoup d’argent
    Tout à fait, avec ce paradoxe qui est que plus il y a d’utilisateur, plus la valeur d’espace se dillue, moins elle a de prix. Ce n’est plus un problème d’investissement, mais de fonctionnement et ce n’est pas à toi que je vais apprendre que d’un point de vue financier, ce n’est pas sans poser un certain changement.

  5. Jean-luc Grellier

    J’avais fait une analyse courte et synthétique à ce billet mais elle n’est pas passée… je pense que j’ai oublié de la valider… pas cool, je m’y recolle !
    Bon raisonnons en bon Français ! Les annonceurs ont fait de la pub en majorité sur des sites avec des bases solides… TF1, France 2, Europe 2, RTL, RMC, Yahoo, Google etc. la liste est longue. Quoi de plus logique on fait d’abord confiance aux opérateurs historiques puis petit à petit on regarde ce qui se passe et l’on prend quelques risques… rien de très nouveau dans tout cela.
    Il est clair q’aujourd’hui faire une pub à la Télé est beaucoup moins efficace qu’il y a 20 ans ! les chaine sont bien plus nombreuse et la part de marché de la télévision est nettement plus réduite… c’est certainement là que réside ce phénomène d’émitettement…
    La preuve par l’exmemple dans le domaine des mauvais procédés. Jusqu’ici j’utilisais allociné pour voir les extrais de film sur mon iPod… aujourd’hui j’ai arrêté, pourquoi, parce que me taper 20 secone de pub à chaque début de film c’est pénible quand il y a plus de 20 extraits à voir…. on voit 20 fois la même séquence de pub.
    Pour ce qui est de la mode du gratuit truffé de pub, il n’y a rien de pire. je préfère encore être prisonnier d’un monopole informatique… (salut Bill). Ce modèle est mort. Récemment j’ai lu un blog d’un hébergeur gratuit et sans pub de blogs (je n’ai plus le nom en tête) qui abandonne sa formule gratuite et propose de garder les clients à formule payante et de laisser le choix aux autres de passer en mode payant ou d’abandonner tout simplement leur blog : méthode qui fait des ravages en terme de communication !
    Est-ce qu’il y a vraiment un modèle précis aujourd’hui pour gagner de l’argent avec le 2.0 ou est-ce qu’un modèle universel qui intègre la qualité, l’efficacité, la cohérence, le respect des standarts etc. n’est pas plus digeste ? Pourquoi vouloir appliquer à chaque changement de nouveaux modèle (cf : nouvelle économie vs net économie…)

  6. Alexis Mons

    Il n’y a pas de modèle tout fait, il faut travailler son business et réfléchir à ce que l’on vent, à qui et comment. Raison en gratuit financé par la pub est de la facilité.
    Comme je le dis dans mon billet :
    - on doit raisonner autrement qu’en « boutique » et voir comment tirer profit de la réalité écosystémique du réseau.
    - on peut certainement arrêter de vendre de la promesse ou des espaces et se rémunérer sur du résultat parce qu’on croît dans son service et qu’on sait qu’il en donne !
    - on peut aussi réfléchir aux interactions nouvelles du réseau et réinventer un peu cette bonne vielle notion de marketing direct (clin d’oeil à E. Parody)
    - et plus si affinités …

  7. Sylvain

    Pour étayer la discussion avec des chiffres et un retour d’expérience je vous conseille de lire le très bon billet du créateur du site DropSend : http://www.thinkvitamin.com/features/webapps/will-your-web-app-make-money
    Il faut se méfier de tous ces sites qui fleurissent en s’appuyant sur le cash investi par des bussiness angels qui ne cherchent pas forcément la rentabilité mais plutôt expérimenter les nouveaux horizons du web. Cette démarche est super et je la qualifierai de « recherche avancée » . Mais si on attend trop du coté « rentabilité » de ces sites on pourrait vite arriver à une explosion de la bulle 2.0 .
    Pour parler rentabilité, il ne faut pas perdre de vu la cible à laquelle on veut vendre le service et surtout est-ce que ce service, directement où pas, va lui permettre de gagner suffisemment d’argent ou de « satisfaction » et ainsi estimé devoir vous verser qqchose en retour.

  8. Jean-Luc Grellier

    C’est toute la question d’une rentabilité à court terme de la R&D et du Marketing. Les business angels sont des financeurs en force de ces démarches et en attendre une rentabilité serait une erreur immense. Il est parfois très difficile d’évaluer la rentabilité intrinsèque de la R&D ou du marketing tant cela induit de comportements ou de modèles différents en fonction des publics ou des cibles, mais aussi en fonction du contexte, de la stratégie de l’entreprise etc.
    La R&D n’est pas faite pour être rentable mais pour déboucher sur des offres qui correpondent à des attentes ou qui suciteront des besoins… c’est dans l’offre ou les offres qui découlent de la R&D que l’on peut trouver la notion de rentabilité. Encore que parfois cela induit des changement sur les process en interne ce qui est très difficilement quantifiable en terme de rentabilité… etc.

  9. Jean-Baptiste Rudelle

    Le problème de cette production énorme de contenu (à un cout dérisoire) est dans sa pertinence. La publicité va s’orienter naturellement vers les 10% de pages de vraie qualité dans tout ce volume. L’enjeu est donc sur la manière d’extraire ces 10%, et non sur la monétarisation des 90% restants qui n’a pas d’intéret en soi.

  10. Ben

    Je suis tout sauf d’accord avec toi !
    Quand on voit que myspace (par exemple) considéré comme un exemple dans le registre des sites web 2.0, tu ne verra aucune pub dont tu parles (bannière, google Adwords, etc), et pourtant ! Ce site comme d’autres (digg, netvibes, del.icio.us, dailymotion) gagnent énormément d’argent. La valeur des start-ups créatrice de ces sites voient leurs sites s’offrir des propositions d’achats à plusieurs centaines de millions de dollar, voir même parfois quelques milliards (Youtube avec Google). Alors en effet, je suis tout sauf d’accord avec ton raisonnement: ce n’est pas parceque nous ne voyons pas de pubs, que ces sites ne gagnent pas d’argent !

  11. Jean-Luc Grellier

    Il y a une différence énorme entre faire du chiffre d’affaire et la valeur de l’entreprise…
    Des entreprises qui perdaient de l’argent ont été rachetées des millions de dollards parce que leur valeur ajoutée en terme de technologie était très forte ou très complémentaire de l’activité de l’acquéreur… etc. Bref, il ne faut pas tout mélanger !

  12. HOUSSINI

    je veux gagner de l’argent, car j’arrive pas à m’en sortir et merci.

  13. fru

    donc comment gagnent de l’argent dailymotion, si il n’y a pas de pubs ????

  14. kaci

    oui je voudrer gagner de largent parce que jen nest besoin mdr

  15. darko

    bon a tt ce kil veule gagné de largent voila :
    http://www.AWSurveys.com/HomeMain.cfm?RefID=leitoo
    bon tu gagne de largent en donnant votre avis sur des site , g mnt dans ce site 61 dollars bonne chance att le monde

  16. greg

    clique sur le lien ci dessou
    http://www.eurobarre.com/?p=712209641953

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