De la légèreté des appels à projets...
Publié par Christophe Routhieau dans Tribunes
Est ce que vous avez suivi les échanges de commentaires sur mon billet sur Martin Varsavsky ? Non ? je vous propose un petit résumé qui fera écho à des propos souvent tenu par Alexis sur Quaero et d'autres projets soutenus par les fonds publics.
Technorati Tags: ANR, RNRT, radiophare
Tout commence jeudi 11 mai 2006 à 13:15, Olivier Zablocki réagissait à une partie de mon billet, un clin d'oeil à RadioPhare un de ses projets qui a l'époque m'avait séduit tant par son ambition, son originalité que par la vision qui l'animait. Olivier profitait de cette tribune pour nous parler d'un nouveau projet, enthousiaste comme à son habitude :
... nous venons de boucler le dépôt d'un magnifique projet de recherche RNRT/ANR en coopération direct avec FON et l'UMIH (Union des Métiers et Industries de l'Hôtellerie, 80.000 adhérents quand même). Le projet de recherche est piloté par l'Université de Lille 3, laboratoire GERICO, associé au COSTECH de l'Université de Compiègne, l'Ile-de-Ré est le lieu d'expérimentation
Le titre : ASULIX - Augmented Space Universal Local Interop eXchanger : Expérimentation de convergence des technologies de mobilité et du WEB 2.0 dans un cadre de développement rural orienté vers le tourisme (tous les détails dans les heures qui viennent sur un site public).
Au delà de l'idée exposée, il fallait retenir dans le propos d'olivier que le projet en question venait de faire l'objet d'un dossier en réponse à un appel à projet RNRT (Réseau National de Recherche en Télécommunications) / ANR (Agence Nationale de la Recherche). Ce type de dossier participe souvent d'une coopération publique / privé, il y avait donc de multiples acteurs impliqués : des labos de recherche, des entreprises, des associations inter-profesionnelles,... Cela représente a chaque fois, des heures et des heures de boulot, de négociation et surtout une recherche perpétuelle de compromis. Il faut se rendre à l'évidence, les acteurs impliqués n'ont pas du tout les mêmes intérêts contrairement à ce qu'ils affichent dans le dossier ! Certains luttent pour la survie de leurs laboratoires d'autres ambitionnent de créer des emplois. Certains amènent des idées d'autres une légitimité. Mais, tous ont besoins des autres pour que le dossier existe.
Le vendredi 12 mai 2006 à 23:48, olivier revenait sur notre blog avec cette fois un peu moins d'entrain :
Quelques heures après que j'ai vendue la peau de l'ours ici-même, le projet ASULIX a sombré sur une grave divergence politique avec le laboratoire de l'Université de Lille 3 (chef de file). Nous avons suspendu notre collaboration et plus encore le chef de file a décidé de retirer définitivement le projet de la compétition.
Pour information, il faut imaginer les bagarres et les luttes d'influence qui peuvent exister actuellement autour de ces appels à projets ANR/RNRL et cie. Le gâteau à partager est sans doute trop petit. J'avoue avoir pris une bonne leçon sur ce coup-là et je me dis, ce soir, que ce n'est pas vraiment là que se trouvent les ressources pour avancer. A ce compte là, je préfère jouer avec des investisseurs privés, ça va quand même plus vite.
Tout cela est bien dommage.
Est il nécessaire d'avoir de tels appels à projet pour faire se rencontrer la recherche, le tissus économique et les "porteurs d'idées" ? Ne pourrions nous pas trouver un moyen plus simple et surtout plus souple pour initier ce type de collaboration ? Mais, je me trompe peut être sur leur objectif. Au final, il ne s'agit ni de développer les compétences des entreprises, ni de stimuler l'innovation mais juste de subventionner la recherche...




























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lundi 15 mai 2006 08:18
Ah le bel exemple !
On constate bien souvent que les appels à projet sont là pour 2 raisons :
- des fonds européens à consommer
- un besoin d'idées sur un secteur afin de le faire bouger... il s'agit là d'un appel à idées
Malheureusement l'un et l'autre sont bien trop souvent le fruit d'une volonté d'affichage et non d'une étude d'opportunité réelle.
Alors que ce projet soit tombé à l'eau avant que des fonds trop importants soient engagé, est-ce vraiment dommage ? oui certainement pour ceux qui se sont investis pleinement et y ont passé du temps. mais quelss étaient concrètement les chances de réussite d'un dossier dont les protagonistes ont des intérêts différents ? A force de compromis sur de tels dossiers, l'aboutissement se fait bien souvent après des mois de négociation et le résultat est parfois très décevant et ne ressemble en rien aux objectifs.
Une solution plus efficace ? Mais oui être à l'écoute des entreprises, du tissu économique local définir le périmètre des besoins des entreprises, mettre cela en corrélation avec les appels à projet en cours et les projets de recherche. Mettre en place les outils et le contexte pour qu'une collaboration efficace se mette en place... rien de très compliqué en somme... mais les pouvoirs publics doivent accepter de se mettre en retrait. Ils doivent observer, préparer le terrain puis s'effacer sans en tirer de gloire ou de bénéfice en terme de communication. Le seul point positif pour eux est alors de voir travailler ensemble des secteurs clé de la vitalité de leur territoire...