Hier, sans que l’on sache très bien la portée pratique de son propos, Ruppert Murdoch est allé au bout de sa logique, avec l’intention de déréférencer les articles payants de ses journaux. Cela aura le don d’en laisser plus d’un dubitatif. Google passait jusque là pour incontournable en apport de trafic, imaginer une seconde faire une croix sur l’affluence par le search étant, de l’avis général, un suicide économique pour toute activité en ligne. A cela, Murdoch renvoie cette sentence qui est qu’il vaut mieux moins de clients qui payent bien et régulièrement qu’une foule de prospects qui consomment de la bande passante.
J’ai eu l’occasion d’expliquer que le problème auquel était confronté la presse, et la vraie motivation de Murdoch, à mon sens, c’était la démonétisation du marché de l’information, un phénomène qui oblige à repenser complètement le périmètre du business et à réfléchir, avec une grille totalement nouvelle, sur ce qui fait la valeur des choses.
Et si Murdoch avait raison ?
Mardi 10 novembre 2009
Le numérique pour faire aimer les livres
Mercredi 21 octobre 2009
La crise a du bon. Elle oblige à repenser les choses, pour peu d’appliquer une grille de lecture renouvelée et en particulier de cesser de penser en segmentation de marché d’avant l’économie digitale. Celle-ci n’est pas une couche additionnelle de l’économie, ou un simple canal. C’est bien plus profond que ça.
J’ai déjà longuement développé le phénomène de démonétisation, qui amène des segments entiers à se contracter sinon potentiellement disparaître. Quand, samedi dernier, j’écoutais Rue des Entrepreneur aborder l’idée de décroissance, cela me faisait sourire. Voir un marché décroître est tout sauf une vue de l’esprit. La vraie question est de savoir comment on permet aux gens de maintenir sinon développer leur qualité de vie avec moins d’argent en circulation.
Dans la série « la peur du vide », il n’y a pas que les médias, il y a aussi le livre. A l’heure où le Kindle arrive en France (avec un catalogue 100% anglophone ndr), je suis las de ces inévitables débats stériles opposant tel libraire, auteur ou éditeur à un militant ou entrepreneur du web, et qui s’enferme sur la questions stupide de savoir si le livre va mourir ou non. C’est une vision idiote. Le livre numérique n’est qu’une extension des moyens par lesquels nous pouvons lire et accéder aux contenus au sens large. Le livre numérique, c’est aussi une formidable opportunités pour inventer de nouveaux formats et usages individuels et collectifs de la littérature.
La démonétisation , ou le vertige qui saisit les médias
Jeudi 8 octobre 2009
Quand Ruppert Murdoch a annoncé, cet été, qu’il repassait au modèle payant (offline compris), beaucoup, dont moi, ont considéré ça comme une sorte de chant du cygne. D’autres pensent que c’est la guerre. Pour ma part, je doute encore de la réponse, mais j’ai bien compris la question. Dans la tempête, on se prend à douter et à entrevoir l’abîme. Aujourd’hui, celui-ci a un nom : la démonétisation. Explications …
Mythes et réalités de la génération Y
Vendredi 2 octobre 2009
Il ne manque pas de billets et d’alerte pour nous dire tous les jours que les petits jeunes arrivent, pensent et font différemment, sont nativement digitaux, sinon ont muté du cerveau. Il est en tous les cas certain que toute marque ou organisation qui ne s’intéresserait pas à la première vraie génération digitalisée prend un risque de décalage inconsidéré d’avec ses publics.
Derrière la mythologie, il est bon parfois de descendre sur terre et de constater par soi-même. L’occasion s’est très récemment présentée à moi puisqu’une école d’ingénieur a souhaité que j’évangélise toute une promotion aux joies des médias sociaux, problématique de la recherche d’emploi et de la modernité des réseaux sociaux d’entreprise oblige. Cela m’a permis de consolider diverses confrontations du genre, et un peu mes perceptions. Je précise que je parle ici de gens qui font des études technologiques, mais pas IT. Je suis donc hors cursus digitalement orienté.
Chris Anderson et l’économie de l’attention
Jeudi 24 septembre 2009
En plein dans les débats sur l’avenir des médias à l’ère digitale, dans le bourbier Hadopi, Google et la BNF, et les chimères que certains nous dressent face à l’illusion du gratuit, j’ai été assez surpris de lire si peu de choses que ça par rapport à la parution en français de « Free » de Chris Anderson. Il y a bientôt un an, sa présence était une des raisons pour laquelle j’avais fait le déplacement à Le Web 3.
Chris Anderson a l’art de poser de bonnes questions. Celle sur la Longue Traîne agite encore. Avec « Free », beaucoup se trompent à y voir des théories fumeuses, là où il s’agit simplement d’être lucide et d’accepter de changer de lunettes pour regarder le monde qui a changé. Un coup d’oeil à cette interview de Der Spiegel suffira à montrer qu’en cessant d’utiliser des mots attachés à une grille de lecture dépassée, on en vient à accepter de regarder que le terrain de jeu à changer. Accepter de regarder les choses autrement, simplement raisonner et faire preuve de pragmatisme, sans parti pris. Accepter l’idée que les choses puissent être autrement. Chris Anderson ne fait que mettre le doigt sur des expériences qui se passent et qui dérangent. Il ne faut pas chercher des solutions dans Free, il faut y retrouver un esprit de naturaliste acceptant l’idée du doute et de la remise en question sur le fonds.
La vérité sur Twitter
Jeudi 10 septembre 2009
Or donc, Twitter n’est pas un réseau social. Ce n’est pas moi qui radote, c’est la sociologue et ethnographe Liz Pullen, qui a étudié le comportement des twitterers. Elle vient juste dire qu’il faut croire ce que le fondateur de Twitter lui-même avait dis : Twitter n’est pas un réseau social, mais un réseau de communication qui tisse des relations sociales.
Sur Twitter, on s’exprime surtout unilatéralement, à la face du monde. Le dialogue n’est qu’apparent. Twitter est avant tout un mégaphone. Ce qui serait bien maintenant que cette vérité est réaffirmée, c’est qu’on la considère avec sérieux, pour éviter, par exemple, de comparer ce qui n’a pas à l’être. Au hasard Facebook et Twitter.
Le web² , c’est de l’innovation en puissance
Mardi 1 septembre 2009
C’est non sans une certaine excitation que j’ai reçu la proposition d’O’Reilly de passer à la puissance 2. Je suis personnellement convaincu que ce qui se passe, c’est le mix entre l’intelligence collective et les objets. Mais ça, vous le savez déjà, depuis que je me suis enflammé suite à Lift Marseille, en juin dernier, [...]
La BNF rend les armes, question posée à l’édition ?
Mercredi 19 août 2009
Nous avons donc appris cette semaine que la BNF allait se résoudre à un partenariat avec Google. Il est facile d’y voir un dépôt des armes. 4 ans et demi après que Jean-Noel Jeanneney se soit élevé contre l’appropriation des fonds littéraires par Google et appelé à l’indépendance, il faut se souvenir que son propos [...]
Hype Cycle 2009 : vers un monde augmenté d’interactions
Jeudi 13 août 2009
Comme tous les ans, je satisfait à un petit billet suivant la livraison du Gartner. L’année dernière, j’étais resté sur ma faim. 2009 est-il signifiant, qui plus est par les temps qui courent ?
Je vous invite à lire Cédric Giorgi, habitué lui aussi de ce marronnier, et qui rappelle que les visions précédentes se sont [...]
Twitter n’est pas un réseau social, c’est pour ça qu’on l’aime
Mardi 11 août 2009
Alors que plus personne ne parle de Facebook, où presque, le seul service qui continue à susciter des discussions reste encore et toujours Twitter, avec un bon petit effet de balancier bien régulier entre les annonces de déchéance, et les portées aux nues. On n’en sortira jamais car Twitter n’ayant aucune proposition d’usages en lui-même, [...]
Groupe Reflect, Attention Marketing




