En septembre dernier, survolté par un Lift Marseille mémorable, j’avais consacré un billet enflammé sur le web². Depuis, de l’eau a (un peu) coulé sous les ponts et il me semble que cette nouvelle proposition d’O'Reilly a surtout suscité de la circonspection, sinon du mépris. Tout le monde baratine sur un futur drivé par le digital. On tourne en rond sur le web sémantique, en oubliant que c’est un objectif de la décennie, pas de demain matin. Cela génère déjà de la déception, comme c’est déjà le cas avec la réalité augmentée. Cela démontre à qui veut bien le regarder que l’on est dans l’inflation technoïde, pas dans la rupture d’usages qu’a marqué le web 2.0 en son temps.
Je reste sur ma conviction qu’il ne s’agit pas d’un nouveau palier pour le web, que la rupture est dans la démocratisation de l’innovation, jusque dans l’appropriation de la fonction R&D par les gens eux-mêmes, que l’impact sera dans le réel. Les révolutions sont d’abord souterraines.
Web² : la nouvelle révolution industrielle
Mercredi 3 février 2010
La vie privée n’est pas ce que l’on croit
Mardi 12 janvier 2010
Je vais encore une fois jouer les vieux cons, mais je trouve parfaitement superflue l’agitation actuelle autour de ce qui serait la fin de la vie privée.
Le sujet agite, notamment à cause des déclarations de Marc Zuckerberg. Le patron de Facebook se fait l’adepte d’un monde de la transparence, ou la vie privée ne serait pas la règle. Il a pris une tournure plus polémique, sous nos latitudes, quand, sur InternetActu, Jean-March Manach a publié son éclairant et stimulant billet sur les petits cons. En s’essayant à dresser le portrait de cette nouvelle génération qui s’approprie le réseaux et ses outils pour s’inventer un autre vivre ensemble en rupture de banc, il a secoué la poussière soixante-huitarde. Le manichéisme des commentaires laisse songeur et y révèle cette erreur régulièrement observée du jugement des choses en matière de société de l’information : appliquer la grille de lecture du monde d’avant l’internet sur celui de maintenant. Les petits n’ont pas été élevés comme les vieux, ils ont leur propre histoire. Et comme toute nouvelle génération développe sa différence, il n’y a aucune raison d’appliquer notre pensée à nous sur eux. Ils écrivent leur propre histoire.
Faut-il pour autant considérer que la vie privée est une notion bientôt du passé ? Je ne le crois pas et un peu d’histoire récente suffit à dégonfler la polémique à mon sens.
Tourisme : être ou ne pas être connecté
Vendredi 18 décembre 2009
En aparté des 5e rencontres du eTourisme institutionnel, superbement organisées par l’ARDESI Midi-Pyrénées, j’ai eu le plaisir de causer dans le poste, notamment sur la question du « gros » chantier à venir des acteurs en ce domaine.
Il se trouve que je n’ai pas fais que le dire devant la caméra, je l’ai aussi redis dans les différentes interventions que j’ai eu à faire lors d’un mois de novembre assez marqué par les prises de parole dans les rassemblements sur le tourisme. J’aimerai ici faire écho de la température terrain remontée à cette occasion…
Du crowdsourcing
Mercredi 9 décembre 2009
Cela fait maintenant un sacré paquet d’années que, tous les jours que Dieu fait, ou presque, j’explique à des marques (au sens large) qu’elles doivent se connecter à leurs clients, intégrer le web social, faire partie du web plutôt qu’être dessus et tout ce genre de choses. J’y adjoint les chiffres, les cases et parmi ceux de jolis indicateurs qui montrent que ça marche. Genre voulez vous faire -6% ou +16% par exemple, ou gagner 6M$ avec Twitter comme Dell, entre autres choses additionnelles à ce qui est dit dans notre livre blanc sur le marketing de l’attention.
Tout cela est magnifique et force le respect de l’auditoire, mais ne se traduit pas nécessairement en projets stimulants. Même si on vous dit que tout ceci est évident et indispensable, il y a pleins de raisons et de réalités qui empêchent de le faire. La plus classique est l’enfermement du digital dans une case, généralement opérationnelle. Connecter ses clients ne s’enferme pas dans une direction lambda et demande une intégration pleine et entière de ce que cela signifie dans la stratégie d’entreprise et une vraie mise en réseau des acteurs. L’innovation se fait par synthèse créative, ou pas du tout. C’est, à titre d’exemple, ce qu’est en train de se rendre compte le tourisme institutionnel, avec qui j’ai partagé ces choses ces dernières semaines, et tâté du plafond de verre. Lire cet excellent témoignage de Jean-Luc Boulin sur eTourisme.info. Des choses que pleins de gens devraient méditer. C’est aussi par là qu’on en vient à réfléchir en terme d’expérience du consommateur et pas en terme de produit, histoire de considérer ledit consommateur comme autre chose qu’un porte-monnaie.
Et pendant ce temps … des blogs
Jeudi 26 novembre 2009
A chaque fois que je dois parler de participatif, j’aimerai bien enlever le buzzword web 2.0, mort selon moi en 2007. J’aimais bien parler de web social, ou web participatif en bon français, mais les mots valises ont la vie dure et les vrais gens ne comprennent pas. Web 2.0 pas vraiment non plus, mais [...]
Wikipédia, aux limites du 1% ?
Mercredi 25 novembre 2009
Personne ne me contredira dans le fait que nous sommes dans une période de transition, de celles qui font remonter à la surface des vérités qui déragent, sois-disant. Ainsi celle où l’on redécouvre la fameuse règle du 1%, celle qui veut que seul 1% des usagers produisent vraiment du contenu. Celle qui est aussi dans le fameux 1/10/100 : un producteur, dix critiques (commentaires, votes, taguing), cent lecteurs. Toutes sortes de choses connues depuis longtemps, j’exhume d’ailleurs à votre attention un billet de 2006.
1% c’est peu, ce qui fait dire à certain que cela pose un problème de légitimité et un problème tout court.
Mes nouveaux voisins sont sur Facebook
Mercredi 11 novembre 2009
Coup sur coup, le PEW nous a gratifié de deux livraisons magistrales. L’une sur Twitter et la mise à jour de statuts sur le web, l’autre sur les phénomène d’exclus sociale et le web.
Je trouverai génial qu’il y ait, en France, sinon en Europe, une sorte d’équivalent du PEW. Cela éviterai de se dire que ce sont des chiffres US et d’avoir des points de comparaison. Mais on se contentera de ça, sachant que, dans le fond, ces deux livraisons viennent corroborer ce que l’on sait déjà.
Et si Murdoch avait raison ?
Mardi 10 novembre 2009
Hier, sans que l’on sache très bien la portée pratique de son propos, Ruppert Murdoch est allé au bout de sa logique, avec l’intention de déréférencer les articles payants de ses journaux. Cela aura le don d’en laisser plus d’un dubitatif. Google passait jusque là pour incontournable en apport de trafic, imaginer une seconde faire une croix sur l’affluence par le search étant, de l’avis général, un suicide économique pour toute activité en ligne. A cela, Murdoch renvoie cette sentence qui est qu’il vaut mieux moins de clients qui payent bien et régulièrement qu’une foule de prospects qui consomment de la bande passante.
J’ai eu l’occasion d’expliquer que le problème auquel était confronté la presse, et la vraie motivation de Murdoch, à mon sens, c’était la démonétisation du marché de l’information, un phénomène qui oblige à repenser complètement le périmètre du business et à réfléchir, avec une grille totalement nouvelle, sur ce qui fait la valeur des choses.
Le numérique pour faire aimer les livres
Mercredi 21 octobre 2009
La crise a du bon. Elle oblige à repenser les choses, pour peu d’appliquer une grille de lecture renouvelée et en particulier de cesser de penser en segmentation de marché d’avant l’économie digitale. Celle-ci n’est pas une couche additionnelle de l’économie, ou un simple canal. C’est bien plus profond que ça.
J’ai déjà longuement développé le phénomène de démonétisation, qui amène des segments entiers à se contracter sinon potentiellement disparaître. Quand, samedi dernier, j’écoutais Rue des Entrepreneur aborder l’idée de décroissance, cela me faisait sourire. Voir un marché décroître est tout sauf une vue de l’esprit. La vraie question est de savoir comment on permet aux gens de maintenir sinon développer leur qualité de vie avec moins d’argent en circulation.
Dans la série « la peur du vide », il n’y a pas que les médias, il y a aussi le livre. A l’heure où le Kindle arrive en France (avec un catalogue 100% anglophone ndr), je suis las de ces inévitables débats stériles opposant tel libraire, auteur ou éditeur à un militant ou entrepreneur du web, et qui s’enferme sur la questions stupide de savoir si le livre va mourir ou non. C’est une vision idiote. Le livre numérique n’est qu’une extension des moyens par lesquels nous pouvons lire et accéder aux contenus au sens large. Le livre numérique, c’est aussi une formidable opportunités pour inventer de nouveaux formats et usages individuels et collectifs de la littérature.
La démonétisation , ou le vertige qui saisit les médias
Jeudi 8 octobre 2009
Quand Ruppert Murdoch a annoncé, cet été, qu’il repassait au modèle payant (offline compris), beaucoup, dont moi, ont considéré ça comme une sorte de chant du cygne. D’autres pensent que c’est la guerre. Pour ma part, je doute encore de la réponse, mais j’ai bien compris la question. Dans la tempête, on se prend à douter et à entrevoir l’abîme. Aujourd’hui, celui-ci a un nom : la démonétisation. Explications …
Groupe Reflect, Attention Marketing




